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 Chapitre 2

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Potter

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Date d'inscription : 05/02/2016

MessageSujet: Chapitre 2    Mer 8 Mar - 23:22

Chapitre 2 : Ou sinon, ma vie, c’est comme du thon en conserve : c’est décevant.
Avant de continuer, je dois avouer que je n’aimais pas l’école. En fait je détestais ça. Pour trois raisons. Premièrement, la plupart de mes professeurs étaient soit assommants soit dénudé du sens de l’humour.  Il m’arrivait souvent de me demander comment je faisais pour avoir des notes acceptables alors que j’étais plongé dans une sorte de demi-sommeil ou bien chez le directeur. Deuxièmement,  mes cours étaient aussi inutiles les uns que les autres. Mes journées se résumaient à : Français, Latin, CCAD, Biologie, Mathématique intermédiaire et Escrime. Et ce à chaque jour mais pas dans le même ordre que la veille. Une chance pour moi qu’on m’avait choisi comme champion épéiste, quoique je n’avais pas rapporté de médailles et trophées à cause de mon maître, parce que sinon j’aurai eu un cours d’art. Je suis archi nul lorsqu’il s’agit de créer. Je n’étais pas un artiste seulement un épéiste incompris. Et troisièmement, j’étais le souffre-douleur du collège. C’était moi contre les élèves… enfin la gang de Mickey Alton. On aurait pu penser que, étant donné que mon frère était une star internationale que j’aurais eue droit à un traitement de faveur. Mais non, j’étais un peu mis à l’écart. J’ignorais pourquoi. Dans mes premières années, il me laissait tranquille, me regardait bizarrement à la limite. Mais, depuis que mes parents sont morts, on dirait que je me suis fait tatouer la phrase : Battez-vous avec moi, sur mon front. Au début, j’évitais les ennuis. Je les ignorais eux avec leurs paroles et leurs manières.  On doit reconnaitre que je n’ai pas énormément de patience. Trois jours après qu’ils aient commencé, j’envoyai trois gars dans le mur et me retrouvai chez le directeur. Celui-ci a jeté l’éponge sous prétexte que je venais de perdre mes parents et que j’étais très sensible. C’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé mes cours d’escrime. Je suppose qu’il y est pour quelque chose. Il devait penser que si je me défoulais avec mon épée, j’oublierai peut-être de taper dans ces gars. Malheureusement pour lui, je n’oubliais pas de le faire. Je dirais même que grâce à lui, j’avais de nouveaux muscles qui me permettaient de mieux porter mes coups. J’en riais le soir lorsque j’étais seul dans ma chambre.  Donc, je me rendais vers le charmant établissement scolaire qui me servait de collège. Mon trajet se résumait à traverser un petit bois qui appartenait à une de mes voisines et j’étais rendu à mon collège.  Les bruits de la nature avaient toujours eu un effet apaisant sur moi. C’est pour cette raison que je marchais pendant une demi-heure à la place de quinze minutes. Je ralentissais mon rythme pour voir ce que je ne pouvais pas voir normalement. J’adorais aller à  Jackson’s High. Tout était censé être beau et parfait. Avec un si beau bâtiment bleu pastel moderne et des salles de cours équipée d’appareil électronique perfectionnés. J’étais le pigeon qui détruisait la belle réputation  de mon école. Enfin, c’est ce qui se disait dans mon dos. Mon entrée dans la cour d’école en était un bel aperçu. Je passai le portail, me soumis à la fouille obligatoire et montra clairement mon épée au Gardien John. Les Gardiens étaient ceux qui s’assuraient de la sécurité et de la justice au niveau du peuple. Lorsqu’ils étaient trop vieux pour empêcher un badaud de se faire détrousser les poches, ils étaient envoyés dans les écoles. Le Gardien John avait eu 75 ans cette année. On ne lui donnait pas ça. C’est sûr que lorsqu’on pense que l’espérance de vie d’une personne est de 150 ans en moyenne, ça ne nous paraît pas si vieux que ça. L’homme était devenu chauve, bourré de ride, mais conservait une forme incroyable.
-       Alors Gardien John, le saluai-je alors qu’il examinait une fille de cinquième. Toujours aussi occupé?
-       Ah petit, me répondit-il avec sa voix puissante.  Il n’y a pas un seul jour où je ne pense pas à ce qu’était réellement la profession de Gardien. Dis-toi avec tes compétences à l’épée, tu devrais peut-être demander à faire un stage. Je suis certain qu’il accepterait de te recevoir.
Me recevoir? Il avait mangé quoi le vieux pour penser ça? Je savais qu’il aimait énormément son travail mais de là à dire que je ferais un bon Gardien. Il était en train de devenir fou.  Je repris mon expression indifférente et marmonna une réponse intelligible et je m’enfonçai dans la foule compacte. Pendant que je parlais au Gardien, j’avais remarqué Mickey et ses acolytes. Pour l’instant, ils n’étaient que trois mais c’était trois de trop. Ariam, le plus grand du petit groupe s’amusait à replacer ses cheveux blonds fraîchement coupé dans l’espoir d’attirer le regard de l’éblouissante Charlye Alton, la petite sœur de Mickey. Elle se comportait comme si elle ne le voyait pas et me suivait du regard pendant que je traversais la cour au pas de course.  Son frère étant trop occupé pour me remarquer, elle lui donna un coup de coude et le dirigea dans ma direction. À la seconde où il me vit, son visage constellé de taches de rousseur s’éclaira et il emboita le pas à un garçon de quatrième qui venait, sans le vouloir, de tracer un passage jusqu’à moi.  Ses cheveux roux étaient presque déplacés dans cet univers de têtes brunes, blondes et noires. Mickey disait que s’il était différent s’était parce que la déesse l’avait choisi pour accomplir je ne sais plus quelle prophétie.  On racontait qu’il frappait souvent sa sœur lorsqu’elle ne faisait pas ce qu’il disait. Je savais que ces rumeurs étaient véridiques. Charlye avait souvent des yeux au beurre noir, de longues estafilades un peu partout sur son corps à la peau couleur porcelaine et avait eu plus des plâtres que toute l’école réunie. C’était pour ça qu’à chaque fois qu’elle me repérait, elle le disait sans tarder. J’étais la cible préférée de son frère.  Aujourd’hui, un pansement cachait une grande partie de son visage et se perdait dans sous ses cheveux roux. À contrecœur sans doute, elle suivit son frère et le regarda me plaquer dans le mur, face la première. Mon visage  s’égratigna sur les briques bleues ce qui m’arracha un grognement de douleur. J’allais encore devoir me suturer la peau à cause de se salaud. Ariam tenait mes mains dans mon dos, s’assurant ainsi de ne pas récolter des coups. Je reçu une bonne dizaine de coup de pied avant que les paroles de mon maître d’armes me reviennent en tête :
-       Lorsqu’on te maintient les deux mains dans le dos, que peux-tu faire pour te défendre?
J’avais alors tenté de séparer les deux mains de mon professeur mais celui-ci redoubla de force et me donna un coup de pied en arrière des genoux, me forçant ainsi à m’agenouiller.
-       Idiot, avait-il soufflé avec son haleine de chacal. Tu dois donner un coup d’épaule, peser sur ses pieds, n’importe quoi pour qu’il soit surpris et qu’il relâche légèrement sa pression pour que tu fasses ce que tu viens de faire. Maintenant relève-toi et essais. Tu sais te battre Liam, tu as ça dans le sang. Suis-ton instinct et tout va bien aller.
J’inspirai un grand coup et donna un grand coup d’épaule. Comme quand j’étais avec mon maître. Mes tendons se rétractèrent et je donnai un autre coup. Bien entendu, Ariam desserra sa prise juste assez pour que je réussisse à me dégager et le jeter sur le mur. Mickey évita mon coup de poing mais ne vit pas la feinte.  Je lui agrippai l’autre poignet et en quelques mouvements, je lui déboitai l’épaule. On entendit un horrible craquement suivi d’un chapelet de juron avant qu’il aille s’écraser par terre. Charlye recula tranquillement pour se fondre dans la foule qui grossissait autour de moi. Bien campé sur mes pieds, je regardai aux alentours pour vérifier qu’aucun autre ne serait assez fou pour s’opposer à moi. J’entendis  les petits pas pressés du principal Gourna suivi des exclamations de dégoût des filles présentes. Je distinguai  Ethan mon entraîneur. Sa crinière ébouriffée noire tendait maintenant sur le gris.  Il y avait maintenant plusieurs jours qu’il ne s’était pas rasé et son menton était camouflé par ses poils de barbe gris. Ses yeux vairons me regardaient avec une petite étincelle de fierté. Je sus alors qu’il avait suivi ce que j’avais fait et ce depuis le début de l’altercation. J’étais certain qu’il prendrait ma défense.  Cet homme n’avait pas le choix de me protéger, c’était grâce à moi s’il avait un salaire. Je savais qu’il éprouvait des sentiments paternels envers moi, même s’il  ne l’a jamais vraiment avoué.
-       Par la déesse, s’écria le principal en se mettant malencontreusement  les pieds dans la petite mare de sang qui se formait à cause du nez cassé d’Ariam et de mes plaies.  Qu’est-ce qui s’est passé ici?
Les élèves me pointèrent tous du doigt et ce presque d’un même mouvement. J’aurais cru me trouver en plein milieu d’un groupe de danseurs.  Je poussai un profond soupir et me dirigea vers Gourna en prenant bien soin de marcher sur mon agresseur qui se tordait de douleur sur le sol.  Je vis certains amis de Mickey me faire des signes tapageurs mais je ne m’en souciais pas. Une fois que je fus au côté de mon principal, Ethan déposa une main sur mon épaule et ses doigts  se crispèrent. Il y mettait tant de force que j’avais l’impression qu’il voulait les insérer à l’intérieur de mon bras. Sur le signe de Gourna, deux élèves relevèrent Mickey et le trainèrent à l’intérieur tandis que deux autres amenaient  Ariam à l’infirmerie.  Ethan échangea quelques mots avec mon principal avant de me tirer vers  le centre d’entraînement. Durant tout le trajet, je voyais les tendons de son cou saillirent  sous la colère qu’il tentait vainement de contrôler. Il m’ouvrit la porte et d’un signe de tête, me pressa d’entrer.  Sans un mot,  je m’assis sur mon siège habituel et attendit qu’il se place devant moi. Sa main était crispée sur son poignard.
-       Ben quoi, éructai-je avec un grand sourire. Il m’avait cherché.  De toute façon, combien de fois m’avais-tu encouragé à faire ça?
Il me gratifia d’un petit sourire mais il restait quand aussi renfermé sur lui-même. Ethan se pencha vers moi et examina mes coupures. Ses doigts appuyèrent sur les plaies, tentative vaine d’arrêter le saignement. Avec un juron, il courut chercher la trousse de premier soin et sutura toutes mes plaies. J’avais à présent le visage rempli de point de suture. Il passa son pouce sur les lignes à présent rosâtres ce qui me fit grimacer.
-       Espèce d’idiot, marmonna-t-il avec un sourire en coin. Tu es chanceux que rien soit assez profond pour que tu ais de cicatrice. Très chanceux Liam.
-       Dis-moi au moins que j’ai fait la bonne chose, le suppliai-je. Assure-moi que je n’ai pas eu ces marques pour rien.
-       Tu vas avoir des plaies lors de tes tests génétiques de cet après-midi petit insolent.
-       Moi aussi  je t’adore Ethan, répondis-je du tact au tact. Et de toute façon qu’est-ce que ça peut changer? Mon père a été jugé instable et tout porte à croire que je suis sa voie. Et de toute façon, tu sais aussi bien que moi pourquoi on a installé ses procédures.
-       On ne veut pas de gens dérangés aux pouvoirs, grommela-t-il en me jetant un drôle de regard. Pourtant, ton père était un type très bien.
-       Tu l’as ta preuve que rien n’est infaillible!
Il me regarda dans les yeux pendant quelques secondes avant d’aller reporter la trousse à sa place. Je passai une main dans mon visage. Je sentais tous les bosses que faisaient les points de sutures sous mes doigts. Bah, j’étais le voyou de l’école, autant en avoir l’air. Seulement, comment expliquer à James pourquoi j’avais maintenant le visage du monstre de Frankenstein. Si je lui avouais que je m’étais battu, j’aurai droit à un grand discours sur les valeurs humaines et la non-violence. Je m’essuyais le visage avec la serviette que mon mentor m’avait laissé et me levai.  Ethan revint vers moi après quelques minutes d’absence pour m’annoncer que le principal voulait me rencontrer  après les heures de classe. Je grommelais une réponse et sortit à grands pas du centre d’entrainement. Je ne remerciai pas mon mentor, il savait très bien que ce n’était pas mon genre mais que je l’avais pensé. Ça lui suffisait donc il n’attachait pas d’importance à mon impolitesse. Je traversai la cour d’école en marchant rapidement. Je sentais les regards sur moi mais je les ignorais. Après tout, ces gens étaient qui pour me juger? Ce n’était pas de ma faute, c’était Mickey qui m’avait attaqué le premier. Je n’avais fait que me défendre. En soupirant devant l’imbécilité de ces gens, j’ouvris la porte qui menait au couloir de casier. Un brouhaha assourdissant me secoua quelques secondes avant que mes oreilles s’habituent à un tel bruit et je me dirigeais vers mon casier. Deux petits génies de quatrième s’amusaient à calculer le nombre de tuiles au plafond derrière moi.  Des filles s’étaient regroupées en plusieurs petits groupes dans tout le couloir et leur babillage incessant me donnait mal à la tête. J’ouvris la porte de mon casier et la fit claquer contre celle de mon voisin. Les filles près de moi, cessèrent de parler quelques instants avant de me jeter un coup d’œil agacé et recommencèrent à babiller. Je jetai un œil à mon horaire et vit que je commençai en latin. Cet après-midi, je manquai mon cours de mathématiques, de français et de biologie pour les tests génétiques. Je manquais mes trois dernières périodes pour savoir si j’étais aussi instable pour mon père. Au moins, je n’aurais pas trop à me casser la tête. J’étais dans la moyenne en latin  ainsi que pour le CCAD. Je finissais mon avant-midi avec Ethan. Quoi de mieux! J’agrippai donc mes livres de latin et d’histoire et me dirigea vers ma classe. Le trajet me faisait passer devant l’infirmerie, j’en profitai donc pour y jeter un coup d’œil.  Ariam avait maintenant un pansement sur le nez et deux boules de ouate dans les narines. Il m’injuriait à voix basse. Je pouvais le comprendre, pour un nez cassé, on ne peut pas faire de plâtre. Mickey lui, était étendu sur le dos et dormait. Je supposai que c’était l’œuvre de l’infirmière car il n’aurait jamais fermé l’œil sachant que j’étais dans les parages. Charlye était assise à son chevet. Comment faisait-t-elle pour lui tenir compagnie alors qu’il la battait tout le temps? J’allai continuer mon chemin lorsqu’elle tourna la tête vers moi. Mes livres me tombèrent sur les pieds et je sentis le rouge me monter aux joues.  Je me baissai et commença à ramasser mes affaires. Une main délicate se posa sur mon livre de latin et me le tendit. Je savais avant même de lever les yeux que c’était Charlye. Je lui pris le livre des mains, marmonnai un vague merci et m’en alla.
-       Attend Liam, s’écria-t-elle en me rattrapant. Je voudrais te parler. Enfin m’excuser plutôt.
Mes pieds stoppèrent net. Charlye savait quoi dire pour piquer la curiosité des gens. Elle ne parlait pas beaucoup mais lorsqu’elle le faisait, elle aurait pu convaincre tout le monde de la suivre et ce presque sans problème.
-       Je dois me rendre à mon cours, répondis-je en accélérant le pas. Peut-être une autre fois.
-       Tu sais très bien que je suis dans les mêmes cours que toi Liam, répliqua-t-elle avec froideur.  Donc, tu vas m’écouter et te taire.
Charlye attendit que nous tournions dans un couloir désert pour me pousser contre un casier. Mes livres tombèrent de nouveau par terre mais cette fois-ci, je n’en fis pas de cas. Mon dos me faisait mal. Je retins de justesse un juron. Je savais qu’en disant des mots grossiers, je ne ferais qu’augmenter sa colère. Ses mains me maintenaient dos contre le mur en prenant appui sur mes larges épaules. Elle savait très bien que je pouvais me dégager quand je le voulais. Pourtant, sa poigne n’était pas très solide. Comme si elle me mettait à l’épreuve. Je poussai un soupir exaspéré avant de la darder de mon regard glacé.
-       Serais-ce trop te demander de me laisser tranquille, lui demandai-je froidement. Comme tu peux le voir, grâce à toi, ton cher frère m’a encore collé une raclée. Si tu veux bien m’excuser, j’ai des choses à faire.
Je fis mine de me dégager mais elle me repoussa contre le métal. Ses yeux verts me scrutèrent pendant quelques secondes avant qu’elle se penche vers moi pour m’embrasser. Ce que j’avais encore dans les mains, en l’occurrence ma trousse, rejoignit les livres. Suivant mon instinct d’homme, j’entourai son corps de mes bras musclés et la souleva  de terre. Mon cœur menaçait de sortir de ma poitrine. Je me rendais maintenant compte que j’avais toujours eu une attirance pour elle.  Charlye m’embrassait avec tant d’ardeur et d’effusion que j’eus peur de ne pas être à la hauteur. Il me fallait me comprendre, je n’avais jamais eu de petite-amie auparavant. Ma plus grande peur était que je fasse tout rater.  Ses cheveux flamboyants sentaient la lavande, un parfum exquis qui me rendait encore plus téméraire que je ne voulais l’être. Bientôt, mes mains parcouraient tout le long de son corps alors que les siennes tenaient mon cou avec une certaine force. Si mes souvenirs étaient bons, Charlye était une archère, donc je n’avais pas besoin de craindre que son poids me casse la nuque en deux. Les archers étaient légers mais très agiles. Pas de combat corps à corps pour eux. C’était plutôt rare que les combattants et les éclaireurs s’entendent. Ils n’avaient pas la même vision des choses. Pour les  compatriotes de Charlye, moi j’étais les gros bras qui fonçaient tête baissée dans la mêlée sans réfléchir tandis que pour moi, les archers étaient des êtres chétifs et peureux. La faction épéiste, dont j’étais le seul membre de mon âge, représentait le courage tandis que la faction archère représentait la confiance.  Pendant que Charlye s’abandonnait dans mes bras, moi la seule chose à quoi je pensais c’était : comment je vais expliquer à James le fait que je sois en couple avec quelqu’un de la faction archère. En tant qu’ancien épéiste, il connaissait la vieille querelle entre nous. Elle sentit que j’étais perdu dans mes réflexions. Charlye se raidit et elle se détacha de moi.
-       Tu appelles ça des excuses,  la questionnai-je sans pour autant la laisser partir.
-       Bien sûr, affirma-t-elle sans me regarder. Dis-toi que j’ai fait une excuse et que je t’ai dévoilé ce que je pensais de toi.  On pourrait dire que j’ai fait une pierre deux coups non?
J’acquiesçai d’un mouvement de tête distrait. Charlye me murmura quelque chose que je ne compris pas et me fit signe de la relâcher. C’est alors que j’entendis des pas et des conversations joyeuses des élèves. Je regardai ma montre. Il était 6h30. La cloche sonnait dans deux minutes. Je me penchai pour ramasser mes affaires en même temps que ma compagne. Nos têtes se cognèrent et je fus sonné le temps de deux ou trois secondes.  Ma belle se dépêcha de tout me mettre  dans les mains et se dirigea vers notre classe. Je comprenais qu’elle ne voulait pas montrer qu’elle était amoureuse du souffre douleur du collège. Si Charlye le montrait, son frère allait se montrer encore plus violent avec elle. Je fis donc semblant que rien ne s’était passé. La plus jeune Alton m’avait aidé à ramasser mes affaires en un acte de bonté. Je ne la suivis pas trop du regard. J’entrais donc dans la classe, la tête baissée. Je tentais de faire comme si rien ne s’était passé mais j’en étais incapable. Ma tête regardait de gauche à droite. Les murs bleus ciel attiraient mon attention autant que l’équipement électronique que j’étais habitué de voir. Les chaises étaient presque toutes occupées.  Je me dirigeai vers ma place habituelle, et déposa mes livres sur le côté droit de l’écran. Le système informatique reconnu aussitôt le dispositif de mon livre et se brancha dessus. L’écran se transforma pour laisser place à l’ordre du jour d’aujourd’hui. En jetant un bref coup d’œil, je me rendis compte que j’aurais mieux fait d’avoir le latin en après-midi. J’étais assis dans le coin gauche de la classe au fond complètement. Encore une mesure de mon cher principal pour que je fasse moins de grabuge possible. Il avait placé Charlye à ma droite en pensant qu’elle aurait un effet positif sur moi. Je riais sous cape.  Je pris donc place et attendit que l’enseignant arrive. Durant les explications du professeur, je gribouillais sur l’écran. Je comprenais assez le latin pour me permettre un cours d’inattention. Les yeux de l’enseignant ne me quittaient pas une seule seconde. Monsieur Sardino était un homme dans la trentaine, beau, grand et svelte. Il remplaçait notre ancien professeur, le vieux Colcam qui avait fait une dépression nerveuse après la mort de son frère. Sardino avait des yeux bleus comme la mer. La couleur qui rendait toutes les filles pâles d’admiration et les garçons verts de jalousie. J’avais depuis longtemps renoncé à faire du grabuge dans son cours. Après tout, il était compréhensif envers moi.  Il ne disait rien lorsque je n’écoutais pas mais ses  yeux me fixaient. C’était peut-être la tentative désespérée pour me faire sentir mal et écouter le cours. Charlye me donna quelques coups de pieds pendant la classe. Peut-être espérait-t-elle que j’ai l’air au moins intéressé par ce que disait le beau et grand monsieur Sardino. Alors qu’il ne restait qu’une dizaine de minutes, elle glissa un bout de papier sur mon bureau. Mon regard se dirigea discrètement vers elle. Il était impossible d’être plus concentré qu’elle.  Ses yeux suivaient les allées et venues de Sardino ainsi que les mouvements que faisait l’animation qu’il nous montrait pour démontrer l’importance du latin dans notre vie. J’ouvris le bout de papier et regarda à l’intérieur. Charlye me demandait de ne pas ébruiter notre relation et elle me disait qu’elle m’aimait. Je pris un de mes crayons et lui écrivit que j’acceptai avec joie de devenir son petit-ami et que j’acceptai ses conditions. Je venais de finir de tracer ma dernière lettre lorsque la cloche sonna. Tous les élèves se levèrent comme s’ils avaient des ressorts coincés sous les fesses et se précipitèrent vers la sortie. Le mot glissa par terre et fut entrainé vers l’avant. La pauvre Charlye dut se dépêcher de le ramasser avant que quelqu’un d’autre tombe dessus et le lise. Sans lui accorder un regard, je passai devant elle et cheminai vers la porte.
-       Attendez Liam, s’écria la voix de mon professeur. J’ai à vous parler.
Je levai un sourcil en l’entendant et pivotai lentement sur mes talons pour le regard, le sac jeté au-travers de l’épaule. Quoi? Qu’est-ce que j’avais encore fait pour mériter cette sanction dont je n’avais pas besoin. C’était tellement prévisible après tout.
-       Il s’avère que je ne puis tolérer une fois de plus cette situation, monsieur Sertor. Il faut que vous soyez attentif dans mes cours, ça n’a plus de sens comment votre attention est disposé à faire autre chose que de vous instruire. Dois-je vous rappeler que le test de cet après-midi sera grandement influencé par la moyenne de vos cours?
Inutile de me le rappeler, je le savais que trop bien.  Restant silencieux, je le fixai froidement et sorti simplement. Inutile de continuer à discuter alors que ça revenait toujours au même. Il faut étudier plus monsieur Sertor! On croirait entendre mon frère oui… Pfff…  

À dire vrai, je savais que Sardino tenterait de me retenir, mais j’en avais que faire parce que j’avais d’autres chats à fouetter, j’avais d’autres choses à faire.  Retrouver Charlye par exemple. Aller m’entraîner avec Ethan… Vraiment, j’avais réellement mieux à faire que de passer mon temps dans ce cours débile.  Marchant tranquillement, les mains dans les poches et le sac toujours jeté au-travers de mon épaule, je me dirigeai lentement vers la sortie. Pour refaire mon chemin inverse, pour retourner chez moi. Pour enfin me reposer et oublier qu’en réalité, ma vie, c’était vraiment de la merde en fait! 
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