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 Curly Fries - Lindsay Perry /done/

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Siam

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Messages : 44
Date d'inscription : 18/01/2017

MessageSujet: Curly Fries - Lindsay Perry /done/   Mer 18 Jan - 3:09


Curly Fries Hunter
ft. Lindsay Perry
↘ carte d'identité
nom : Hunter. + prénom(s) : Alice. + surnom(s) : Curly Fries. + âge : 24 ans. + date et lieu de naissance : 27 Avril à San Francisco. + orientation sexuelle : S'en fout un peu, multifonctions de ce côté là. + statut civil : Célibataire. + occupation : Chargée du ravitaillement + groupe : Maison 1 ou 2 au troisième camp.

parent divin : Déméter + pouvoir(s) : Paralysie, lui permettant de figer les personnes qu'elle touche durant quelques secondes. Son maximum s'annonce pour le moment à dix minutes, bien que cela implique une forte dose de fatigue. + arme de prédilection : //. + particularité : ici (annexe).

↘ caractère
Douce, elle n'aime pas la colère et cela se sent dans chacun de ses pas ¤ Joyeuse ¤ Libre, le besoin de dépasser les barrières fixées par l'homme ¤ Impertinente ¤ Observatrice ¤ Dans son monde ¤ Aérienne, il n'est pas nécessaire de se quereller avec elle ¤ Franche et Spontanée ¤ Rêveuse ¤ Sans limites ¤ Téméraire, parce qu'à quoi bon se contenter de faire peu quand on peut faire beaucoup ? ¤ Indomptable ¤ Énigmatique aux allures de chaman carrément frustrant ¤ Foi en la nature humaine ¤ Utopiste malgré tout ¤ Sincère et Sensible ¤ Mystérieuse qui lui donne presque un côté prétentieux, ou en décalage ¤ Un peu ironique, un peu sarcastique, mais avec la douceur de ceux qui ne s'énervent jamais vraiment ¤ Pour elle, la beauté existe en chacun, en chaque chose et il suffit de savoir observer, d'écouter voire même parfois, de tendre la main ¤ Mature, elle a ce je ne sais quoi qui donne l'impression qu'il y aura toujours une solution ¤ Aussi bien silencieuse que bavarde, c'est à l'instant que le choix sera fait ¤ Impulsive, l'instinct est le maître mot ¤ Insoumise, elle a ses propres règles ¤ Souriante, le rire au coin de ses lèvres ¤  

↘ Depuis combien de temps sais-tu que tu es un(e) sang-mêlé(e) ?
Tu peux parler de la découverte de ses origines divines pour ton personnage, sa réaction, comment il a découvert la colonie/nouvelle rome, comment il l'a vécu au quotidien, sa relation avec son parent divin, son ressenti sur la colonie, le fait de découvrir des frères/soeurs, etc. Pense aussi à mentionner la dyslexie et l'hyperactivité, qui sont des "effets secondaires" du fait d'être un demi-dieu. Huit lignes minimum.

↘ As-tu pris part à la bataille de Manhattan/du mont Othrys ? Et celle contre Gaïa ? Si oui, à quel camp as-tu choisi d'être loyal(e) ?
Tu peux parler des batailles (comment ton personnage l'a vécu, s'il s'est retrouvé face à des amis ou des proches durant les batailles, comment il a réagi, quel rôle il avait précisément, l'impact sur lui après ça, psychologiquement comme physiquement), et également du camp dans lequel il se trouvait, pour quelles raisons, et s'il soutenait les idéaux du camp en question (ou s'y est retrouvé pour des raisons entièrement différentes).

↘ Et maintenant, que deviens-tu ?
Parle un peu de l'après guerre, des effets sur ton personnage (physiques comme psychologiques), ce qui l'a changé ou non, comment il a évolué. Tu peux aussi parler de son camp actuel (s'il vit à la nouvelle rome/colonie ou s'il vit dans New York, dans le troisième camp, et pourquoi).
derrière l'écran
Siam | Manon
âge : 15 ans. + présence : Une fois par semaine. + personnage inventé ou scénario/pv : Inventé. + un dernier mot ? Oui.


Dernière édition par Siam le Sam 25 Fév - 2:49, édité 5 fois
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Siam

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Date d'inscription : 18/01/2017

MessageSujet: Re: Curly Fries - Lindsay Perry /done/   Mer 18 Jan - 3:09

titre titre titre


A la douceur du jour naissant, lorsque la ville s'éveille et que les arômes de café fleurissent à chaque coin de rue, elle est déjà là.

L'étui sous le bras, un léger sourire au coin de ses lèvres, elle reste immobile à observer les premières lueurs balayer les ombres nocturnes. Sur l'asphalte, résonnent des pas fourmiliers par centaine et tous l'esquivent. Droite, gauche, il y a comme un ballet spontanément chorégraphié qui s'instaure. Et puis, sous les yeux morts de ceux qui semblent se rendre à l'échafaud, elle bouge enfin. S'étire un peu. Le corps éveillé pour un esprit qui ne dort jamais vraiment. D'un geste confiant, expert, elle ouvre la boite à présent posée sur le sol. Le violon se gorge aussitôt de quelques gouttes de soleil, faisant briller sa teinte naturelle. Il est beau, et comme à chaque fois, elle l'admire.

« Alice, nous allons être en retard. » L'homme est en bas des escaliers, attendant une réponse qui ne vient pas. Le froncement de sourcils informe de sa frustration grandissante, et il ne tarde pas à grimper les marches pour rejoindre une chambre bleue et mauve. Là, aux pieds de son lit, une fillette caresse avec timidité les cordes d'un instrument plus vieux qu'elle.
Figé, les traits tirés, son père marque l'arrêt sur le pas de la porte. Peu à peu, le calme revient au creux de sa poitrine et les battements de cœur ralentissent.
« Chérie... 
- Papa, il est à qui ce violon ? Pourquoi tu le gardes caché ? »
Evidemment qu'elle l'aurait trouvé un jour. Qu'avait-il pensé ? Que sa fille ne serait jamais curieuse, qu'elle ne risquait pas de fouiller comme la plupart des enfants le font ? Un peu désabusé par ses propres rêveries, l'homme s'avance et finit par s'installer à ses côtés, les muscles de son dos se raidissant en prenant la position.
« Il est à ton grand-père.
- Papy Lucian ? »
Il acquiesce et ose un sourire maladroit, parce qu'au fond, il sait qu'il n'est pas le meilleur des exemples à donner à sa fille. Pas en ce qu'il s'agit des relations parents-enfants.
« Oui, papy Lucian.
- Il jouait avant ?
- Oui, et il était même très bon. Quand nous étions petits, il n'était pas rare qu'on s'installe tous ensemble après le repas pour l'écouter jouer. Maman, ta grand mère, nous préparait des chocolats chauds et... »
Elle l'écoute religieusement, avec attention, les yeux grands ouverts pour ne manquer aucune des expressions qui survolent le visage fatigué de son père. Il est beau comme ça. A lui raconter ses souvenirs, en ne lésinant pas sur les détails. Assise en tailleur, le violon devant elle, l'enfant baisse les yeux pour embrasser du regard l'objet qui a déclenché cela. Et elle sent aussitôt son cœur battre pour l'instrument. Alors, d'une voix aussi ferme qu'elle le peut pour son jeune âge, Alice plante ses prunelles claires dans celles de son papa.
« Je veux le voir. » Et je veux apprendre à en jouer.

La première note frémit dans l'air, gravant sa présence d'un frisson chez ceux qui savent écouter. Ils sont plus nombreux qu'on ne peut le croire. Là, les yeux d'une femme se détournent. Le buste d'un homme se mouve. Une lueur de curiosité chez cet enfant qui peut s'étonner encore de tout.
Pour l'artiste, le temps se suspend. Elle s'emplit de cette atmosphère, de cette langueur qui affronte bravement le rythme fou de la city. New-York est grande, New-York est magnifique, mais New-York doit apprendre à ne pas opprimer, à ne pas stresser, à ne pas faire peur.
Alors, l'archet se place. Sûr de lui, confiant, et pourtant si loin de toute forme de prétention. C'est lui l'artiste au fond, c'est grâce à lui que les notes s’enchaînent, dansent sur les cordes et virevoltent à travers les corps robotisés. La mélodie prend vie, attire, rassure un peu aussi. C'est une tendresse qui brise les conventions de ce début de matinée, qui affronte les responsabilités, les angoisses et les règles que l'on s'inflige inconsciemment. Des démarches ralentissent légèrement, des coups d'oeil se perdent, s'égarent dans un monde où tout est plus facile, plus libre, et quelques frémissements naissent sur des lèvres pourtant sèches et désabusées.

Elle le perçoit, bien sûr qu'elle le perçoit. Mais elle est déjà loin.

La main tremble un peu, et le sourire est gêné. Du haut de ses dix ans, elle se rend compte de ces détails. Alors, aussi timide que confiante, Alice vient caresser sa joue sur l'épaule masculine, cherchant à rassurer d'un geste simple. Puis, la mélodie reprend. Vacillante, fébrile, et pourtant emplie de cette sincérité qui parvient à toucher le plus dur des cœurs. L'enfant ferme les yeux, restant installée auprès de son grand-père et elle écoute sans se lasser. Dans peu de temps, on viendra la chercher. Tout cela sera fini avant même que ça n'ait vraiment commencé. Ils le savent tous les deux. Alors chacun leur tour, ils jouent. Pour ne pas oublier ce qu'ont été ces dernières années, cette relation grandissante entrecoupée par les rires et les pleurs. Rien n'est facile lorsque la maladie s'entremêle au fil de la vie. Mais Alice est passée outre. Et la main dans celle de son père, tous deux ont redonné un sens au mot « famille ».

A présent, il leur faut profiter. A trois, tant qu'ils le sont encore. D'un coup d'oeil, elle s'assure que le visage de son père est toujours paisible sur le lit blanc. Au début, cela la terrifiait. Aucun mot ne passait la barrière de ses lèvres. Et puis... On lui a expliqué. Pas comme à une enfant, mais à comme l'adulte qu'elle sera plus tard. Elle a compris, puis insisté pour que son grand-père puisse leur rendre  visite. Ensemble jusqu'au bout, cela sonnait avec naturel dans son esprit. Parce qu'ensemble, on est plus fort. Ensemble, on peut tout affronter.



L'archet fait mine de s'essouffler alors que le pied tapote sur un clavier moderne. Un tempo presque lascif s'éveille et bientôt chaque son s'accorde à l'autre. Le cœur exige, la musique exprime. Tantôt, elle murmure, tantôt, elle crie. Mais jamais elle ne cesse d'exister.

Certains passants ont reconnu la mélodie et semblent chercher. C'est inscrit sur leur visage, dans les prunelles curieuses qui ont cessé de s'inquiéter pour des broutilles. Un pincement de lèvres, un coup d'oeil rapide comme si les cordes allaient souffler la réponse. Puis l'éclat de la compréhension. Le savoir qui rassure, qui tranquillise. Quelques secondes de paix, avant que des tracas disparates viennent à nouveau entacher leurs pensées.

Elle a appris à se lever dès que le réveil sonne. Ce n'est pas, qu'autrefois, elle fasse montre d'une paresse anormale mais il n'était pas rare qu'un deuxième voire un troisième rappel à l'ordre soit nécessaire pour arriver à l'heure à l'école.

Ce n'est plus le cas aujourd'hui. L'énergie qui déborde de son être pourrait être la cause d'un pareil changement mais il faudra plutôt associer cela à l'éducation de Martha. La figure maternelle de la famille d’accueil dans laquelle on l'a laissé à la mort de son père. Une main de fer dans un gant de velours. Aussi douce qu'intransigeante. Alice s'y est habituée, bien qu'elle regrette toujours l'impossibilité de revoir son grand-père. Trop loin, trop compliqué, trop cher.

De nature rêveuse et optimiste, elle ne saisit pas l'importance de l'argent et ne comprend pas non plus ce que les kilomètres ont à faire dans les relations avec les gens que l'on aime. Mais elle sait qu'elle ne doit rien dire. Alors, à la place, ses mélodies se renforcent des sentiments qu'elle ne peut exprimer tout haut. Le piano est venu rejoindre le violon et la guitare, pour la simple raison qu'il y en a un dans cette maison là. Alice croyait qu'un tel instrument coûtait cher, alors quand elle essaye d'associer deux et deux, elle ne comprend pas. Ce n'est pas grave. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à savoir. C'est dommage, parce qu'elle, elle n'a pas tendance à discerner le monde en noir et blanc, mais plutôt en nuances de bleu. C'est joli, le bleu.

Elle pourrait fermer les yeux et continuer à jouer ainsi, des heures durant. Peu importe qu'on lui prête de l'attention, ce n'est pas ce qu'elle recherche. Ni argent, ni reconnaissance. La musique est simplement un moyen d'apaiser les douleurs, les querelles, et les cœurs en peine. Cela fait bien longtemps qu'elle l'a compris. Des années à pratiquer sans relâche, l'amour pour moteur principal. Qu'importe l'instrument, le rythme, le style, cela touche tout le monde. C'est une source d'inspiration comme une caresse dans la nuque. C'est une explosion de joie autant qu'un cri de désespoir. La musique est partout. Elle loge au creux des reins, vibre sur le bout des doigts, s'endort contre des lèvres étouffées. Et ici, au milieu du fourmillement intense de la métropole, elle n'est qu'authenticité.

Quand le satyre lui a parlé la première fois, Alice lui a sourit. Naturellement, sincèrement. Sans douter une seule seconde que ses dires puissent être mensonges. Parce qu'elle a toujours été comme ça. Pas vraiment naïve, mais pas du genre à imaginer le pire. Cette histoire était plaisante à écouter, logique à certains égards, expliquant nombre de ses soucis quotidiens. Il lui a expliqué qui pouvait être sa mère, les principales caractéristiques de la culture grecque, des récits héroïques qui la gardèrent captivée et quémandeuse de détails. Mais elle refusa de le suivre. Aucune colère ou définitive décision, simplement la logique d'une adolescente qui allait passer une audition importante. Elle avait encore à faire auprès des humains, le temps de s'occuper de cet autre monde viendrait bien assez vite. Le satyre comprit et lui rendit visite de nombreuses fois, une amitié naissant entre eux. Puis, quelques mois plus tard, elle accepta de se rendre dans cette colonie à l'autre bout du pays. Ce ne fut pas simple de faire accepter Martha mais la malice divine semblait suffire à détourner l'attention. Sous le couvert d'un stage musical, elle parvint donc à prendre le train en direction de l'est, vers la grande New-York, là où les rêves semblent pouvoir prendre vie.

Son bras abrite les vibrations du violon, et par extension, c'est son corps qui semble se mouvoir d'une manière invisible à l'oeil nu. Elle éprouve, elle vit, elle est et c'est si bon. Une pièce du puzzle, une goutte d'eau dans l'océan, une partie d'un tout. Comme tous ceux qui parcourent cette avenue. Là où certains s'imaginent n'être rien, elle préfère penser qu'il est question d'un ensemble, de quelque chose de plus grand encore. Les déceptions sont moins nombreuses, moins fortes aussi. Parce que la vie est bien trop courte et éphémère pour qu'on accorde autant d'attentions à ces illusions de problèmes. Concentrons nous sur l'important, sur ce qui compte vraiment, sur ces personnes que l'on aime et qui nous rendent forts chaque jour qui passe.

« Hey Alice ! Pourquoi Curly Fries ? »
Un éclat de rire empêche toute réponse possible et les deux demi-dieux se tournent vers le satyre. La fille du trio rougit un peu avant de soupirer, mimant presque le désespoir. Elle sait déjà que ce ne sera pas elle qui expliquera le pourquoi du comment. D'ailleurs, trois, deux, un...
« Tu n'as jamais mangé avec elle ? »
Le demi-dieu secoue la tête, curieux, ce qui provoque un nouveau ricanement.
« T'es pas obligé de raconter ça...
- Oh si si ! Vois-tu, lorsque j'ai rencontré Alice pour la première fois, je lui ai expliqué son histoire, notre histoire dans un fastfood. Elle a découvert les curly fries pour la première fois. Par la suite, à chacune de nos rencontres, elle ne mangeait que ça. Et quand on nous a répondu un jour qu'il n'y en avait plus, elle a pleuré en plein milieu du restaurant.
- … Vrai ? »
Alice lâche un petit grognement et acquiesce.
« J'avais 16 ans, ayez un peu de compassion pour les adolescentes émotives.
- Hors de question. Sans compter que la patronne se sentait tellement mal qu'elle a fait éplucher des patates à son commis dans la minute.
- Je me suis jamais sentie aussi nulle de ma vie... »
Le satyre se marre à nouveau, la malice se peignant sur son visage.
« Mais non, tu oublies la fois où tu as demandé à un vieillard sur un banc s'il avait besoin d'une couverture ou d'un bon repas chaud. Et qu'il t'a répondu qu'il attendait juste le bus.
- Non mais... Il avait un grand manteau... et... »
Et les rires redoublèrent.



Le tintement d'une pièce qui tombe dans l'étui lui fait lever les yeux, et son sourire éclaire son visage. Pas seulement pour remercier l'inconnu, mais pour lui transmettre cette envie, cette compréhension muette qu'il faut tendre la main, avancer vers les autres et sourire à son tour. Une chaîne sans fin, une foi en l'être humain, un appel à y croire malgré tout ce qui peut bien se passer, malgré tout ce qui a bien pu arriver.

La mélodie a changé. Son humeur aussi. Mais le violon ne s'arrête pas. Alors, on continue, peu importe où nous mènent nos pensées.

Les rumeurs sur le retour de Cronos semblent s'avérer vraies. La méfiance et la peur se répandent sur la colonie, bridant peu à peu l'innocence des plus jeunes. L'inquiétude de perdre tout ce qu'elle a découvert ces dernières années la rend pensive et silencieuse.
« Alice ? »
Leurs regards se croisent et elle lui sourit avec douceur.
« Ne t'inquiète pas, je vais bien. »
Il s'avance en claudiquant un peu, n'ayant pas besoin de cacher sa vraie nature sur ce territoire.
« Tu as l'air... triste. »
Une seconde s'étire avant qu'elle n'acquiesce avec légèreté.
« J'ai peur... De ne pas être là, de ne... Les combats ne sont pas mon fort, et tu le sais. Je ne veux blesser personne. Nous ne devrions pas avoir à le faire d'ailleurs...
- Alice... Les événements sont inhabituels, tu le sais. Même les dieux ne savent pas réellement quoi faire face à Cronos. Et...
- Et ?
- Et si tu dois partir, fais le. C'est une année importante pour toi.
- Je ne veux pas vous laisser. »
Dans sa voix, résonne la douleur de la vérité. Tiraillée, elle ne veut abandonner personne, mais les rêves pour lesquels elle s'est battue toute sa vie peuvent enfin prendre forme. Serait-ce égoïste que d'espérer pouvoir y arriver ? Son regard s'égare sur le sol, et un fin soupire s'échappe de ses lèvres.
« Nous verrons. »

La douleur court dans ses veines mais les mains ne tremblent pas. Les notes, puissantes, ont un arrière goût de défaite, d'abandon. Pourtant, l'histoire doit en passer par là. L'archet poursuit donc sa course, raconte le pire comme le meilleur. Aucun faux semblant, aucune hypocrisie. Tout est livré en bloc, le cœur mis à nu, les émotions affichées aussi clairement que peintes en lettres rouges sur le bitume.
Toi qui passe, toi qui allonge ou ralentit le pas, toi qui te perd dans la grand ville, écoute. Parce que le rythme a changé, et que les notes tressaillent. Parce que l'artiste a le visage figé, les yeux clos, et la respiration calme.

Dans le ciel, le soleil a continué sa course, et répand sa lumière sur New-York.
Et en bas, dans la rue, l'archet pleure. Seul.

L'explosion a voilé ses tympans et c'est à vue qu'elle avance sans pouvoir réellement communiquer. Que s'est-il passé ? Comment en sont-ils arrivés là ? Dans sa gorge, le goût acre de la bile persiste, la rendant de nouveau nauséeuse. Elle ne veut affronter personne, et encore moins faire couler le sang. Comment affronter Gaïa de toutes façons ? Une silhouette attire son regard perdu, et ce n'est qu'en voyant la blessure sanguinolente qu'elle se force à bouger. Muette, déstabilisée, blessée au plus profond d'elle-même par tant de violence, elle offre son épaule, attrape un bras et trouve un endroit plus éloigné. Sur son chemin, elle rencontre un autre corps, murmure avant de toussoter sous la poussière, et enfin crie qu'elle revient vite. Alors, elle revient, saisit et recule à nouveau. Elle croise un énième regard qui dégage tant de souffrance qu'elle accélère la cadence. Mais le tremblement fait frémit le béton sous ses pieds. Un monstre se fait plus rapide qu'elle, et il est trop tard. Le regard est vide à présent. Il n'y a plus rien à aider. Il faut agir, le temps presse. Elle use de sa propre arme mais le sang qu'elle verse ne sera pas rouge, elle s'en fait la promesse.
Les secondes se font minutes. Les cris sont trop nombreux. Elle court, grimpe, esquive. Elle cherche, fouille et trouve. Puis, elle ramène, elle gronde tout bas, et supplie presque. Ne bougez-pas, n'y retournez pas. Pourquoi? Elle n'est pas idiote, elle sait bien entendu. Mais ça ne devrait pas être leur combat. Les dieux peuvent se remettre, les dieux peuvent revenir, les dieux seront toujours là après eux, quoi qu'on en dise. Alors que la vie humaine... Elle est éphémère, fugace, elle n'est qu'un instant dans une éternité. Le sacrifice vaut-il vraiment la fin de ce combat ? Bon sang, ce n'est même pas le leur.
La première larme coule, la seconde la suit de près. Mais ce sera tout. Il n'y a pas de temps pour ça. En vérité, il n'y en a jamais vraiment.
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MessageSujet: Re: Curly Fries - Lindsay Perry /done/   Ven 10 Mar - 1:28

Ronan/Alice : Concrètement, Alice est une sorte d'utopiste qui accepte un peu tout le monde, et qui absorbe les émotions négatives comme une éponge. Il peut la détester pour ce qu'elle est, pour sa manière d'être. Mais elle ne lui rendra rien de négatif en retour. Ce serait à sens unique, et sa répartie se ferait à coups de sourire, de douces moqueries, de taquineries sans méchanceté. Il pourrait continuer encore et encore, qu'elle le prendrait dans ses bras et soufflerait un "continue si c'est ce dont tu as besoin" à son oreille. Et le jour où il serait derrière son piano, elle l'observerait avec patience et bonté, parce qu'au fond, il n'est qu'un garçon perdu, comme il y en a eu beaucoup suite aux deux guerres. Il a du bon en lui, elle le sait.
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Curly Fries - Lindsay Perry /done/
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